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L’histoire de l’apéro à travers les siècles

concocté par Marion pour Apéro Mosaïk

· C'est l'apéro

Imaginez : vous êtes invités à une soirée mondaine et vous vous retrouvez à l’apéro à partager une coupette de champagne avec Stéphane Bern, Gérard Depardieu et Fabrice Lucchini. Ce serait bien dommage de ne pas choisir ce moment pour briller et étaler votre savoir.

Dans cet article vous trouverez LE sujet à lancer pour satisfaire la curiosité de vos interlocuteurs : l’histoire et l’origine de l’apéro.

L'apéro dans l'Antiquité

Difficile de remonter jusqu’à la préhistoire au vu du manque flagrant d’informations sur le sujet à cette époque bien qu’il soit aisé d’imaginer les longues soirées autour du feu à partager un bon saucisson de mammouth et un godet d’eau-de-vie. Nous passons donc directement à l’époque de Jules César et ses contemporains.

 

Étymologiquement le mot « apéro » viendrait du verbe latin « aperire » qui signifie « s’ouvrir ». L’apéritif est alors entendu comme le moment permettant d’ouvrir son appétit.

Que ce soit en Egypte, en Grèce, ou à Rome, on avait déjà pour habitude à l’époque de se réunir après une dure journée de travail autour d’une collation. Les égyptiens, en mode végan, consommaient des fruits secs et des dattes en sirotant une bière tiède. Les grecs eux, étaient plus dans l’ambiance « troisième mi-temps » et organisaient des symposions (à savoir « boire ensemble »). On pouvait y déguster de nombreux encas tels que du miel, des noisettes, des châtaignes et du blé grillé le tout allègrement arrosé de vin en hommage à Dionysos, dieu de la vigne (forcément). Ces grandes beuveries avaient lieu après le repas et non avant.

Les romains eux ne perdaient pas de temps et commençaient leurs « apéros » dans l’après-midi après s’être prélassés aux thermes. Du fromage au lait de chèvre ou de brebis, du pain, des huîtres et du raisin constituent entre autres le cena (soit le dîner) et en guise de boisson : un verre de vin ou d’ambroisie (liqueur d’anis, de vin et de coriandre).

L'apéritif de nos ancêtres romains ressemblait déjà à ceux d’aujourd’hui

L'apéro au Moyen-Âge

Les inégalités en matière d’apéro se creusent au Moyen-Age et qu’on soit né noble ou paysan détermine la façon de partager ce moment convivial.

Pour les paysans c’est plutôt simple : pas d’apéritif ! Pour les aristocrates en revanche on met les petits plats dans les grands et on se fait servir des tranches de fruits de saison et des terrines en sirotant un verre d’hydromel (sorte de mélange d’eau, de vin et de miel). La plupart des boissons servies avant le repas étaient peu alcoolisées et avaient pour but d’ouvrir l’appétit. Elles étaient également plus consommées pour leurs vertus thérapeutiques que gustatives. Pour ce qui est du goût, les nobles étaient de sacrés viandards et misaient sur un cochon de lait à la broche ou du cabri rôti en usant d’épices et d’aromates rapportés des différentes croisades.

"Où sont les poulardes ? j’ai faim ! Où sont les veaux, les rôtis et les saucisses ? […] ces amuse-bouche m’ont mis en appétit ! " Godefroy

L’apéro à l’époque moderne

C’est à cette période qu’on peut observer un tournant dans l’histoire de l’apéro. À la Renaissance de nombreuses réceptions permettent à tout le gratin de la noblesse de se réunir et d’échanger. La viande est à nouveau boudée pour le plus grand plaisir des veggies de l’époque qui redécouvrent le goût des asperges, du chou-fleur, des artichauts et des concombres tout droit venus des cours italiennes particulièrement friandes de ces légumes.

Au XVIIème siècle et avec l’apparition du service à la russe, chaque plat se succède au cours du repas (on dit merci au prince Alexandre Kourakine, ambassadeur de Russie). La notion d’égalité prévaut : tout le monde mange un plat identique dans une assiette identique sans avoir à laisser le rôti refroidir au milieu de la table comme c’était le cas avec le service à la française.

Pour les classes les plus populaires on peut aller prendre son apéro dans les cafés et brasseries. C’est d’ailleurs en 1672 qu’apparait le premier café à Paris où on y sert surtout des boissons exotiques telles que du café et du chocolat. Cinq ans plus tard un certain Procope, alors serveur dans ce premier café parisien, ouvre son propre établissement et démocratise ce dernier qui devient rapidement un lieu où l’on peut échanger autour d’un verre et se réunir. Ils deviennent alors le point d’émergence de nouvelles idées et mouvements.

" Goutez-moi donc cette crème d’artichauts mon cher Edmond c’est une dinguerie ! "

L’apéro contemporain

Les différentes révolutions entraînent une évolution des pratiques alimentaires et c’est bien à cette époque, a la fin du XIXème/début du XXème, que notre très cher apéro devient officiellement ce moment de convivialité que l’on connait.

Les ouvriers se retrouvent après leurs journées dans des bars et autres cafés pour décompresser et fuir la jungle urbaine que représente la capitale pour ces travailleurs venus des campagnes avoisinantes (les prémices de l’afterwork dirons-nous). Plus tard ces mêmes lieux sont envahis par les intellectuels, les écrivains et le monde du cinéma qui se retrouvent afin d’échanger leurs idées durant des heures, et les verres d’absinthes s’enchaînant il fallait bien « éponger » tout ça en consommant des solides. L’apéro devient alors une réelle association de boissons et d’aliments plus ou moins élaborés pouvant s’apparenter aux apéros dinatoires que l’on connait.

" vous avez beau dire, y à pas seulement que d’la pomme… y à autre chose… "

Aujourd’hui qu’il soit dinatoire, haut de gamme, à la bonne franquette ou bien healthy, l’apéritif est l’un des moments préférés des français où l’on peut savourer de bons produits (je ne parle pas de chips, cacahuètes ou crackers), rencontrer des gens sympas et intéressants (Stéphane, Gégé et Fabrice entre autres) tout en partageant des idées et des faits sur un sujet (l’histoire de l’apéro par exemple…). Maintenant à vous de faire bon usage de ces anecdotes...

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